La consommation éco-responsable à portée de main

Quels sont les enjeux d’une isolation écologique ?

Sans doute êtes-vous déjà sensibilisé aux enjeux d’une bonne isolation, en maison ou un appartement. Confort thermique et acoustique, réduction des déperditions énergétiques… L’isolation fait effectivement partie des premiers chantiers effectués par les ménages français dans le cadre d’une réfection globale… difficile de ne pas en discerner au moins les contours. Mais s’il existait aujourd’hui une façon plus pérenne, plus responsable de réaliser ladite isolation ? Murs, planchers, façade, combles… l’isolation écologique s’inscrit comme une alternative fiable, aux impacts environnementaux forts. Positionnez-vous dès maintenant pour protéger l’environnement et pour maîtriser l’aspect consommation et économies d’énergie.

isolation durable

Définition et enjeux de l’isolation écologique

A la construction comme en rénovation, mener un chantier d’isolation thermique écologique est un indispensable si vous souhaitez obtenir un habitat plus vert. Une isolation écologique revêt comme son nom l’indique des avantages environnementaux. Il s’agit d’un chantier mené avec une empreinte carbone réduite. Autrement dit, l’énergie grise nécessaire à la conduite des travaux est divisée par deux ou plus si on la compare à celle d’un chantier classique.

Comprendre l’empreinte carbone d’un chantier d’isolation

Adopter une isolation écologique, c’est réduire l’empreinte carbone de son chantier. Celle-ci s’apprécie à plusieurs niveaux :

  • Les isolants eux-mêmes. Exportés depuis l’autre bout du monde et transformés en usine, il va sans dire que l’utilisation de certains matériaux isolants peut avoir un lourd impact en termes environnemental. Lorsque l’on aborde la question des matériaux isolants, il ne faut pas oublier non plus les liants nécessaires à leur installation.
  • Les équipements utilisés sur le chantier. Chaque équipement et outil de chantier dispose lui-aussi de sa propre empreinte carbone, qu’il convient de considérer. Celle utilisée pour sa création, celle utilisée pour son fonctionnement… Utiliser un ou des équipements énergivores augmentera l’impact environnemental de votre chantier d’isolation, rendant votre installation finale moins écologique, quels que soient les matériaux sélectionnés.
  • La main d’œuvre à laquelle vous faites appel. Est-elle locale ? L’entreprise est-elle spécialisée en isolation écologique ? Cela conditionnera les méthodes de réalisation du chantier.

Précisions qu’à l’heure actuelle, il est presque utopique de parler d’une isolation 100% écologique. Toutefois, l’utilisation de certains matériaux et une prise de contact avec des artisans sensibilisés à ce sujet peut tendre à ce résultat. A travers votre isolation écologique, c’est bel et bien votre habitat tout entier que vous rendez plus éco-responsable.

L’isolation écologique a-t-elle un impact sociétal ?

Réaliser une isolation écologique, c’est avoir un impact environnemental positif… mais pas seulement ! Il s’agira également de faire vivre l’économie locale en employant de la main d’œuvre du coin et en utilisant des matériaux disponibles à proximité directe du domicile. On remarque que l’isolation écologique répond donc également aux grands enjeux du développement durable, tant au niveau environnemental que sociétal.

Isolation écologique : des matériaux isolants qui font la différence

Comment définir des matériaux isolants écologiques ?

A l’instar des produits textiles par exemple, les matériaux éco-responsables se caractérisent eux aussi par leur nature. Ils sont la plupart du temps issus du milieu végétal ou animal et / ou proviennent de sources renouvelables ou recyclées. Mais ce n’est pas tout.

Nous avons résumé ci-après quelques-unes des caractéristiques phares des isolants écologiques :

  • Ils nécessitent moins de dépenses énergétiques à l’extraction, à la transformation (peu d’étapes nécessaires), au transport et à l’usage. Ce faisant, leur empreinte carbone est très faible. Attention : il ne suffit pas de choisir un matériau local pour son installation écologique. Certains demandent une énergie importante en extraction et très peu pour le transport. D’autres sont cultivés très simplement mais doivent être acheminés de loin : un ratio doit être établi, et celui-ci est à l’appréciation de chacun.
  • Ils sont également plus respectueux de l’Homme en cela qu’ils sont naturels et ne contiennent pas (ou peu) d’adjuvants toxiques destinés à l’amélioration de leurs performances techniques (résistance au feu, à l’humidité, aux insectes…). Leur toxicité est donc minime voire nulle. Aucun risque donc, de voir diminuer la qualité de l’air ambiant à la pose ou même avec le temps, lorsque l’isolant se dégrade lentement.
  • Ils sont extraits et / ou transformés au niveau local ou national ou bien dans des pays limitrophes au besoin, en fonction des spécificités du chantier.

On entend souvent parler de matériaux écologiques, biodégradables ou encore biosourcés. Que veulent dire ces termes ? En matière d’isolation écologique, un matériau biosourcé sera constitué de matière organique renouvelable, d’origine animale ou végétale. Un matériau est quant à lui considéré comme biodégradable si, quelle que soit son origine, il atteint un niveau de décomposition de 90% ou plus au bout de 6 mois dans l’environnement. La plupart des matériaux d’isolation écologique sont à la fois biodégradables et biosourcés.

Comment classe-t-on les matériaux écologiques ?

Les matériaux écologiques sont caractérisés comme suit :

  • La conductivité thermique (en W/m.K.). Il s’agit de la capacité du matériau à transmettre la chaleur, première variable à prendre en compte pour s’assurer de la performance thermique d’un matériau. On recherche le coefficient thermique le plus bas possible, sans pour autant faire l’impasse sur les autres caractéristiques techniques de l’isolant.
  • La densité de l’isolant écologique,
  • L’hygrométrie, autrement dit le comportement en présence d’humidité. Il s’agit de sélectionner des matériaux respirants mais étanches. La plupart des matériaux d’isolation écologique disposent d’une bonne hygrométrie.
  • Le déphasage pour 20 cm d’épaisseur, ou la capacité à différer les variations thermiques. Autrement dit, quel temps faut-il à la chaleur ou à la fraîcheur pour atteindre l’intérieur de l’habitation après une forte exposition ? Plus le déphasage est important, plus le matériau isolant est efficace.

Les isolants sont ici encore, bien inégaux. Le déphasage de la laine de chanvre est estimé à 9 heures environ, 7,5 heures pour la ouate de cellulose ou encore 3,5 heures seulement pour la laine de verre (lequel n’est pas un matériau d’isolation écologique).

Au-delà de ces critères, chaque matériau qu’il soit écologique ou plus traditionnel peut être classifié en fonction de son bilan environnemental. Celui-ci est spécifié à travers les fiches de déclaration environnementales et sanitaires (FDES) qui se basent sur un outil de classification normalisé : l’analyse du cycle de vie ou ACV. Rendez-vous sur la base de données INIES pour retrouver les FDES des matériaux écologiques.

_______________________

Vous l’aurez compris : si l’on s’intéresse à la mise en œuvre seulement, une isolation écologique ne diffère que très peu d’une isolation classique. Là où se situe vraiment la différence, c’est dans les matériaux utilisés, plus respectueux de l’environnement. Pour autant ces matériaux écologiques permettent-ils vraiment l’obtention de performances énergétiques équivalentes ou supérieures aux matériaux traditionnellement utilisés ? Autrement dit, cela vaut-il la peine de les utiliser ? Si vous vous posez ces questions, vous trouverez certainement les réponses ci-après.

Matériaux biosourcés : un comparatif de performances s’impose

Pour vous aider à comprendre quels sont réellement les matériaux les plus performants, nous avons dressé un tableau récapitulatif et comparé ces derniers en fonction de leur résistance thermique. Muni de ces informations, vous serez plus à même d’arbitrer sur le ou les matériaux les plus propices à vos travaux.

Matériau isolant écologique  Densité (kg/m3)  Conductivité thermique (W/m.K.) 
Panneaux de ouate de cellulose  35  0.039 
Laine de bois  50  0.036 
Panneaux de fibres de bois  60 à 120  0.044 
Laine de chanvre  40   0.038 à 0.046 
Chènevotte (paille de chanvre en vrac)  110  0.048 
Laine de mouton  20 à 40   0.035 à 0.042 
Fibre de lin  30 à 35  0.037 à 0.04 
Paille   80 à 120  0.056 
Liège naturel  200  0.032 à 0.04 
Panneaux de laine de coton recyclée  45  0.042 
Perlite  80  0.05 à 0.06 
Plumes de canard  35  0.033 à 0.044 

Il en existe également d’autres tels que les roseaux… Tout comme pour une isolation classique, on trouve des isolants écologiques en vrac, en panneaux souples ou rigides… Ceux-ci sont également affublés de certifications diverses : NF bien sûr, mais également ACERMI (qui certifie les matériaux classiques mais aussi biosourcés) ou encore CSTBAT. Certaines sont spécifiques aux matériaux écologiques : NF environnement, Nature Plus ou encore l’éco label européen.

isolation durable

Réaliser une isolation écologique : marche à suivre

Sélectionner le bon artisan et les bons matériaux est la première étape. La deuxième, c’est bien entendu de lancer votre chantier d’isolation écologique. Plusieurs techniques vous seront concrètement proposées par votre artisan : avec support enduit, avec pose collée, avec ossature rapportée en bois ou en métal… Le choix dépendra à la fois de vos exigences, de votre budget ainsi que de la zone à isoler : toiture, murs, planchers etc. Tout comme pour une isolation traditionnelle, l’isolation écologique par insufflation est par exemple beaucoup moins onéreuse qu’une isolation par l’extérieur, un prix variant en fonction de la complexité de la mise en œuvre.

Vous souhaitez réellement vous engager pour l’environnement à travers une isolation écologique ? Retrouvez ci-dessous nos recommandations en fonction de la zone à isoler.

Isolation écologique extérieure des murs

Rénover sa façade constitue généralement un chantier d’ampleur qui conditionnera non seulement l’esthétique de votre logement mais aussi son caractère écologique. Plus la superficie à couvrir est large, plus votre isolation écologique extérieure des murs sera profitable !

On recommandera avant tout une pose collée et chevillée de matériaux isolants en panneaux tels que le chanvre, le liège ou la fibre de bois, recouverts d’un enduit à la chaux. Le liège notamment, se distingue par son caractère imputrescible, l’idéal pour une pose en extérieur ! Il faudra également s’intéresser au déphasage de l’isolant ainsi qu’à son caractère respirant.

La pose sous bardage quant à elle est adaptée aux supports discontinus, si vos murs sont particulièrement abîmés.

Isolation écologique mur intérieur

En isolation écologique intérieure, les murs seront parmi les premiers à devoir être isolés. Panneaux de laine de bois, de chanvre ou encore de ouate de cellulose sont recommandés en la matière. Ceux-ci seront cloués ou collés directement sur les murs. On évite en revanche les isolants écologiques en vrac, l’insufflation étant ici particulièrement difficile à mettre en œuvre.

L’enjeu, est de sélectionner un matériau à forte densité et de réduire l’épaisseur des panneaux sans pour autant faire l’impasse sur les performances thermiques de votre installation écologique.

Attention : portez une attention toute particulière à vos murs intérieurs exposés nord, les premiers à être sujets à de forts écarts de température. Peut-être devrez-vous poser ici une épaisseur supplémentaire d’isolant, dépendamment de l’inertie thermique de vos parois murales. Demandez conseil à votre artisan pour votre isolation écologique mur intérieur.

Isolation écologique de la toiture et des combles

Saviez-vous que près de 30% des déperditions énergétiques de l’habitat proviennent de la toiture ? La chaleur remontant s’y échappe en effet bien plus rapidement. Si vous optez pour une rénovation écologique, vous réduirez donc considérablement l’empreinte carbone de votre logement en isolant toiture et combles. Mais comment faire ?

Pour une isolation écologique des combles en pose insufflée, on recommandera la laine de coton recyclée en vrac ou encore la laine de mouton. La ouate de cellulose quant à elle a déjà fait ses preuves et constitue toujours un bon rapport qualité / prix. Vous pouvez également l’utiliser en panneaux souples pour combler les espaces entre lambourdes, sous la toiture.

Enfin, la laine de chanvre en rouleaux peut également être utilisée pour recouvrir les planchers de vos combles perdus : la pose est facilitée et la conductivité thermique de la laine de chanvre vous assure des performances au rendez-vous.

Vous souhaitez opter pour une isolation écologique toiture par l’extérieur ? Vous devrez opter pour la pose d’un isolant sur-toiture recouvert d’un revêtement de votre choix. Les panneaux rigides de fibre de bois ou le liège vous seront certainement recommandés.

Isolation écologique : qu’en est-il des vitrages ?

Si vous vous intéressez à l’isolation, peut-être avez-vous constaté que les vitrages jouent eux aussi un rôle essentiel en matière de lutte contre les déperditions énergétiques. Sans surprise pour une maison ancienne, votre chantier d’isolation écologique comprendra donc le remplacement des vitrages existants. Mais existe-t-il une solution écologique en la matière ?

Malheureusement, aucune vitre en soi n’est écologique. Votre installation le sera en revanche, si vous optez pour du double vitrage à isolation renforcée ou à faible émissivité. Ce faisant, vous réduisez considérablement vos besoins énergétiques et votre impact environnemental par la même occasion. Une seule recommandation, donc, si vous souhaitez vous engager pour l’environnement : ne vous limitez pas seulement à du double vitrage traditionnel !

Attention : veillez également à choisir si possible un encadrement en bois, dont le matériau est certifié PEFC (provient d’une forêt gérée durablement).

A lire également :