La consommation éco-responsable à portée de main

Les énergies renouvelables, en France et dans nos foyers

Si pour vous, consommer autrement est devenu l’une de vos préoccupations principales, sans doute vous êtes-vous déjà intéressé(e) aux sources d’énergie renouvelables. Inépuisables, disponibles en très grande quantité à l’échelle du globe, celles-ci s’immiscent de plus en plus dans notre quotidien : transports, habitation… Mais où en est-on réellement en matière de consommation et d’économies d’énergie ? Comment, à votre échelle, réussir à entamer une transition vers le renouvelable ? A travers ce guide, nous avons souhaité vous fournir l’information nécessaire pour aborder cette transition.

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Quelles sont les énergies renouvelables ?

Une définition de l’énergie renouvelable

Une énergie renouvelable est réputée inépuisable au sens strict. Par inépuisable, on peut également entendre disponible en quantités suffisantes, si bien que sa régénération est plus rapide que son utilisation, même constante.

A l’inverse des énergies fossiles dont le stock est limité, l’exploitation des sources d’énergie renouvelables ne produit pas de polluants atmosphériques. Il s’agit donc d’énergies “vertes”, non nuisibles pour l’environnement et dont l’accès est totalement gratuit.

Dans un contexte de crise climatique, le recours aux énergies renouvelables en lieu et place des énergies fossiles s’impose de plus en plus comme une solution indispensable, à mettre en place à la fois à l’échelle du logement et à celle du territoire national.

Une liste des énergies renouvelables

Chaleur, électricité, carburant… les énergies renouvelables peuvent à ce jour être utilisées à toutes les échelles, du particulier au territoire national. Quelles sont les énergies renouvelables ? Voici la réponse.

  • L’énergie solaire, une source d’énergie intermittente qui peut être thermique (à vocation de production de chaleur) et / ou photovoltaïque (destinée à la production d’électricité). A l’échelle nationale, le photovoltaïque est particulièrement bien implanté, même si selon le CEREMA, près de 775 GW pourraient être exploités en France sous la forme de gisements au sol. En France en 2019, la puissance installée atteignait environ 10 GW.
  • L’énergie éolienne, utilisant l’énergie cinétique du vent autrement dit les mouvements de masses d’air pour capter l’énergie nécessaire à la production d’électricité. La création des éoliennes provient du constat selon lequel les vents en altitude sont 5 fois plus puissants que sur terre. La hauteur du mât d’une éolienne est donc généralement comprise entre 80 et 90 mètres. Celles-ci peuvent être implémentées onshore (sur terre) ou bien en mer (offshore). Une éolienne de 2MW sert généralement à l’alimentation électrique d’environ 2 000 personnes.
  • La géothermie, énergie renouvelable. Cette source d’énergie renouvelable constitue la 1ère utilisée en Ile-de-France notamment. En la matière, on distingue :
    • La géothermie profonde (2 500 mètres),
    • La géothermie de moyenne profondeur, utilisée pour l’alimentation des réseaux de chaleur urbains,
    • La géothermie à très baisse énergie, utilisée entre 10 et 100 mètres de profondeur, dans le cadre des pompes à chaleur en milieu résidentiel.
  • La biomasse, énergie renouvelable servant à la production de chaleur, d’électricité ou encore de biocarburants. A l’heure actuelle, il s’agit de la seconde source d’énergie renouvelable utilisée dans le monde. Ce que l’on entend par biomasse, c’est la matière organique d’origine végétale ou animale. Le plus souvent, il s’agira du bois.
  • L’énergie hydraulique, ou exploitant les courants marins (énergie hydrolienne), les marées (énergie marémotrice) ou encore les vagues (énergie houlomotrice) à une fin de production d’énergie. 2 250 installations hydrauliques sont actuellement comptabilisées en France métropolitaine.

Qu’il s’agisse de renouvelable ou d’énergie fossile, les émissions de CO2 par kWh d’énergie produite sont appréciées grâce à l’outil d’ACV (Analyse de Cycle de Vie). Il faut compter environ 820 gCO2eq/kWh pour du charbon, 200 gCO2eq/kWh environ pour la biomasse ou 11 gCO2eq/kWh pour l’énergie éolienne onshore.

Part des énergies renouvelables et prévisions : si on allait se mettre au vert ?

Selon l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), on compte +7% de production d’énergies renouvelables entre 2019 et 2020 et une capacité de production en croissance de 4% sur la même période. Au total, le marché du renouvelable représenterait pas moins de 25 millions d’emplois à l’échelle mondiale dans les dix prochaines années. Des chiffres encourageants !

Selon les prévisions, on s’attend également à 50% de capacité de production supplémentaire dans le monde d’ici à 2024 (soit environ l‘équivalent de 1.200 gigawatts). Pourquoi une telle augmentation ? Plusieurs pistes à cela, notamment celle des engagements environnementaux pris par les plus grandes puissances mondiales. En France par exemple, les énergies renouvelables devront représenter 32% de la consommation finale brute d’énergie d’ici à 2030, selon les dispositions prises dans la Loi relative à la Transition Ecologique pour la Croissance Verte. Les objectifs à atteindre pour chaque filière énergétique sont notamment spécifiés dans la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE). En France comme à l’étranger, plus de moyens sont employés à l’échelle des gouvernements. De nouvelles technologies, plus performantes et mieux maîtrisées, consolident également la place des énergies renouvelables.

Aussi, parmi les pistes expliquant une plus grande part du renouvelable d’ici à 2024 puis à 2030, on compte également celle du coût des énergies – notamment du solaire et des cellules photovoltaïques – en baisse, et qui devrait encore décroître entre 15% et 35% d’ici à 2024. Le solaire n’est pas la seule source d’énergie renouvelable concernée ! Entre 2010 et 2017, le coût de production de l’éolien aurait également baissé d’environ 23%. Face à cette attractivité du renouvelable, on constate également une offre en voie d’épuisement en ce qui concerne les énergies fossiles et un prix en hausse constante sur les dernières années. Cela suffit en partie à expliquer que le renouvelable se fraye beaucoup plus aisément un chemin dans le panorama du mix énergétique mondial.

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Implémenter les énergies renouvelables chez soi, mode d’emploi

A l’heure actuelle, près de 42% des français disposent d’un système à base d’énergies renouvelables à leur domicile. Pourquoi ? Parce que la tendance est au vert, certainement. Mais également parce que les consciences écologiques se développent, du fait de campagnes d’information à large échelle. Ceci étant dit, est-ce suffisant ? Pour choisir une énergie renouvelable adaptée à sa maison, cela implique d’en connaître toutes les spécificités.

Quelles sont les énergies disponibles à l’échelle du logement ? Vous serez ravi(e) d’apprendre qu’elles le sont toutes, ou presque. Tout dépend de votre budget !

Energies renouvelables : l’aérothermie et la géothermie à l’échelle du particulier

A l’échelle du logement, on ne parlera pas d’énergie éolienne mais plutôt d’aérothermie. Le principe est pourtant similaire : les calories nécessaires au chauffage sont recueillies dans l’air extérieur, un fonctionnement qui ne nécessite pas, toutefois, de vent.

Il existe toutefois des modèles d’éoliennes particulier. Celles-ci sont très peu répandues et nous ne vous recommandons pas cette source d’énergie renouvelable. L’installation dudit appareil est très onéreuse et le rendement particulièrement faible, bien que des évolutions aient été constatées en la matière.

Pour ce qui est de la géothermie, elle s’utilise à domicile sous la forme de pompes à chaleur géothermiques dont les capteurs sont enfouis plus ou moins profondément dans le sol du terrain. Les capteurs horizontaux sont espacés de quelques mètres à proximité directe de la surface (jusqu’à 1m20 de profondeur au maximum, pour captation d’environ 35W / m²). Cela nécessite de disposer d’une très grande superficie de terrain. Les capteurs verticaux quant à eux sont installés par forage jusqu’à 100 mètres de profondeur et captent l’énergie contenues dans les nappes phréatiques.

Le solaire à domicile

Le solaire fait partie des énergies renouvelables les plus connues et les plus utilisées à domicile. Malgré tout, l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie) estime à 364 GW le potentiel inexploité sur toiture. Il y a donc encore du chemin à parcourir !

Très concrètement, le solaire en résidentiel se présente sous la forme de panneaux thermiques et / ou photovoltaïques. Ici, les cellules et capteurs composés de silicium recueillent les calories contenues dans le rayonnement solaire. L’énergie accumulée sert à réchauffer un fluide caloporteur dans le cadre de panneaux thermiques, ou à être transformée en énergie électrique pour ce qui est du photovoltaïque.

A l’échelle du logement individuel, les équipements fonctionnant à l’aide de l’énergie solaire sont le chauffe-eau solaire ou encore le système solaire combiné (SSC). Malgré le caractère intermittent de cette énergie, elle peut répondre à près de 65% des besoins en chauffage et eau chaude d’une habitation sur un logement neuf et bien isolé. On estime généralement à 24 m² la superficie de panneaux solaires à installer pour répondre aux besoins énergétiques du foyer sur un logement d’environ 100 m².

L’énergie biomasse pour votre logement

La biomasse s’utilise notamment par combustion à l’échelle du particulier, à travers l’utilisation de poêles à bois (bûches, granulés…), de cheminées à insert ou encore de chaudières à brûleurs mixtes. Très concrètement, l’insert bois est l’équipement écologique le plus répandu en France à l’échelle du résidentiel, devant le poêle à bois, les pompes à chaleur et même devant les panneaux solaires.

Des critères clés dans le choix de votre source d’énergie renouvelable

Quel système d’énergie renouvelable sélectionner ? Voici quelques critères sur lesquels baser votre choix, pour une performance maximum et un impact environnemental le plus faible possible :

Le rendement de l’équipement. Plus il est élevé, plus il est performant. On conditionnera le rendement sous forme de pourcentage, mais aussi en utilisant le COP (Coefficient de Performance), servant principalement à catégoriser les équipements de chauffage comme les pompes à chaleur.

Les caractéristiques de votre logement. Etes-vous situé dans une région sud, très ensoleillée ? La pente de votre toiture, l’exposition… Ces critères sont à considérer avant de vous opter ou non vers le solaire, par exemple. En région froide, adopter une PAC aérothermique vous sera moins profitable qu’une PAC géothermique, non dépendante de la température extérieure.

L’indépendance énergétique : utopie ou réalité ?

L’indépendance énergétique, c’est la capacité pour un ménage de produire lui-même l’ensemble de l’énergie dont il a besoin au quotidien et de s’affranchir, donc, des réseaux d’énergie de la ville. La plupart du temps, une autoconsommation énergétique totale relèvera davantage de l’utopie que du concret. Certains équipements à base d’énergies renouvelables peuvent tout de même vous permettre de toucher du doigt cet objectif : panneaux solaires hybrides, pompe à chaleur…

Soulignons qu’en cas de surproduction, il est possible de revendre l’électricité produite au réseau urbain. Mais selon une étude Opinion Way de 2019, 88% des français produisant de l’électricité d’origine photovoltaïque préfèrent la consommer eux-mêmes.

Si l’indépendance énergétique n’est pas totalement à l’ordre du jour faute de moyens, l’autoconsommation est en revanche de plus en plus répandue, chez les particuliers quels que soient leur catégorie de revenus. La RT 2012 impose d’ailleurs à toutes les constructions neuves d’être équipées d’au moins un équipement à énergie renouvelable !

Du renouvelable pas si écologique que ça ?

En parlant des énergies renouvelables, on ne peut pas omettre de mentionner l’existence d’un débat sur le caractère vraiment vert des énergies renouvelables. En effet, celles-ci sont souvent liées à l’extraction très polluante de métaux rares (cobalt, lithium…). Ces métaux entrent dans la composition des batteries pour véhicules écologiques, par exemple. Pour ce qui est de l’éolien, on estime à environ 1 tonne par éolienne la proportion de ces métaux rares, des métaux qui entrent également dans la fabrication des cellules photovoltaïques. Ainsi si l’on résume, l’utilisation de sources d’énergies renouvelables au quotidien est effectivement non nocive pour l’environnement, mais la fabrication de ces équipements “verts” ne s’avère pas aussi écologique qu’il y paraît.

Toutefois, malgré un bilan carbone plus élevé pour les panneaux photovoltaïques ou encore les éoliennes, il s’agit d’une solution particulièrement efficace pour consommer plus responsable, tout en gardant à l’esprit qu’un équipement produit avec une empreinte carbone nulle n’est à ce jour tout simplement pas envisageable. La généralisation des énergies renouvelables est d’autant plus primordiale que le charbon et les autres énergies fossiles telles que le gaz sont encore très présentes dans le mix énergétique, pour répondre aux besoins grandissants en électricité. Le charbon notamment, représentera encore pendant quelques années une source majoritaire en matière de production électrique même si son utilisation tend à s’amoindrir.

Vous l’aurez compris : s’affranchir des énergies fossiles est l’une des actions les plus impactantes que vous pourrez accomplir en matière de consommation responsable. Pour y arriver, les énergies renouvelables s’imposent comme l’une des seules alternatives et ce, même si la fabrication des équipements associés cache en réalité quelques revers. Une chose est sûre : l’habitat de demain se veut plus écologique. Alors vers quelle source d’énergie allez-vous vous tourner ? A vous de jouer.

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